En juillet et aout 2004 : la route du tokaïdo avec Florent


>Le projet de “la route du Tokaïdo” est né de la confrontation de nos passions respectives autour d’une activité qui nous relie : le dessin. Florent Chavouet, est depuis longtemps fasciné par le Japon, sa culture, sa langue qu’il a étudiée, son histoire...
Nicolas Abeillon a pour sa part, le goût des voyages en vélo, de la découverte et de l’aventure. Etant tous les deux issus d’un cursus artistique (DEA d’art plastique pour Florent, DSAA d’arts appliqués pour Nicolas) où le dessin et l’expression plastique sont la base de nos activités, ce projet a donc émergé assez naturellement.

Plus précisément notre idée est de partir sur les traces d'Hiroshige et de la fameuse route du Tokaïdo qui relie Edo (Tokyo) à Kyoto . Le célèbre estampiste du XIXème siècle y réalisa une estampe de chacune des 55 stations et relais qui jalonnent ce trajet mythique du Japon ancien. Ce que nous proposons, c'est de revisiter cet itinéraire à notre façon. C’est parcourir à nouveau le trajet qui séparent les deux grandes mégapoles du japon pour découvrir et rapporter un témoignage de ce pays.

Du japon, que nous nous figurons en occident, qu’à travers les cartes postales de villes grouillantes et hight tech ou d’un japon ancestral à la beauté figée dans ces traditions culturelles, nous voulons découvrir, comme Hiroshige l’a fait en son temps, le vrai visage de ce pays. Ainsi de chaque journée de ce voyage, nous produirons, in situ, une image dessinée. Comme Hiroshige, nous voulons réaliser nos 55 étapes de la route du Tokaïdo. Un Tokaïdo à la française, réinterprété dans une sorte de grand carnet de voyage.


Nous partirons à vélo de Tokyo, pour rejoindre Kyoto 2 mois plus tard. Ce choix n’est pas anodin. Même si Hiroshige voyageait à pieds, la bicyclette nous semble adaptée à notre périple. D’une part le vélo est très ancré dans la culture du pays. Ensuite ce moyen de déplacement est adapté à la contemplation artistique, il permet de choisir et de modifier rapidement son itinéraire, de s’arrêter quand on veut et surtout de voir les choses.Enfin et surtout parcourir en vélo un pays permet d’aller plus facilement au contact de ses habitants. Le vélo n’est pas considéré comme une agression telle que peut l’être la voiture qui traverse un village sans s’y arrêter. De plus en vélo on est vulnérable ainsi si on rencontre des problèmes pour dormir, manger ou se laver..., on est plus tenté de solliciter l’aide des habitants et donc de rentrer en contact avec eux. Notre effort étant perçu comme la contre partie à leur hospitalité : le prix de la rencontre...


Nous partons en vélo parce qu’il permet d'envisager le parcours à un rythme plus humain afin de chercher là-bas le témoignage contemporain d'un lieu charnière de l'histoire du Japon. Qu'est devenue cette route ? Quels sont les relais d'aujourd'hui? Que reste-t-il du regard d'Hiroshige ?