Récit d'une ballade au Portugal
 

Mayatrip n°1: Portugal


17 juin 2003, nous voici tout au Sud du Portugal (à Carapateira), notre maya (tandem jaune et noir) est chargé, il est temps de voguer au grè du vent et des rencontres sur les chemins et routes du Portugal pour 3 semaines.
Le principe de notre voyage est d'aller où bon nous semble en évitant les grosses routes, en essayant de rallier de jolis endroits (plage, villes, villages et diverses curiosités), en s'arrêtant si possible à coté de points d'eau (océan, lacs ou barrages) avec le désir de rencontrer et d'échanger avec les locaux.
C'est notre premier voyage ensemble à vélo, Stéphane a déjà été acteur dans VTP et PEC, mais pour Jehanne c'est le baptème. Nous ne connaissons pas les difficultés de rouler avec un tandem chargé (sacoches à l'avant et à l'arrière), maya atteint environ 200 kg avec les pilotes. Nous ne savons pas si notre maya va tenir le coup! Combien de temps va-t-on rouler en tandem à la découverte du Portugal ?
Au bout de quelques kilomètres, maya a apprivoisé sa charge. Nous irons sans difficulté jusqu'à Porto en longeant essentiellement la côte. Nous passerons par Monchique, Lisbonne, Sintra, Coimbra, Aveiro et Porto.
Un petit résumé de notre voyage à travers quelques rencontres, anecdotes et galères :

Les rencontres :


Mr Patate : Le premier jour, nous cherchons un endroit où planter la tente à côtè de Monchique, nous prenons un petit sentier qui monte dans la montagne. Au bout de 200 mètres, on arrive sur un chant de patates cultivé à la main par 2 hommes et une femme. Nous essayons de leur demander s'il est possible de dormir sur un petit endroit plat à côté de leur champ. Nous comprenons que l'on peut rester. Petit à petit, un échange s'installe, ils nous proposent leur hangar pour dormir (nous préfèrons notre tente), nous montrent une source où l'on peut boire et se laver. Stéphane leur offre ses services pour ramasser quelques sacs de patates. C'est souvent les gens qui n'ont pas grand-chose à donner qui sont les plus accueillants.


Moldaves et carpe au vin : Il fait très chaud, Jehanne est un peu fatiguèe de la vieille, nous nous perdons et puis l'eau d'un barrage apparaît. Jehanne décide très vite un bivouac au bord de l'eau alors qu'il n'est que midi. Nous essayons tant bien que mal de nous faire un petit abri (voir photo) pour nous protèger du soleil. Nous passerons l'après-midi à flâner, à essayer de pêcher la carpe à la fourchette (sans succès) puis nous montons la tente pour dormir. Nous entendons de la musique pas très loin, mais nous nous endormons très vite. Le lendemain matin à 7h00 (on voulait partir tôt à cause de la chaleur), on se lève et on se rend compte que la musique provenait de voisins qui ont passé la nuit à pêcher à cotè de notre tente. On se baigne à coté de leurs lignes, en sortant de l'eau, ils nous invitent à manger le poisson qu'ils ont pêché dans la nuit. A 7h30 du mat, nous voici en train de manger de la soupe de poisson en buvant du vin! Quel déjeuner original! Ces pécheurs sont des Moldaves venus au Portugal pour travailler et envoyer de l'argent à leur famille. Ils se sentent loin de chez eux, travaillent dans le bâtiment, ont le mal du pays, mais sont très heureux de rencontrer des étrangers. Ils voudraient nous faire visiter leur ville, mais la route nous attend alors on repart un peu éméchés en direction de Lisbonne.


Le couple allemand nudiste : Plusieurs fois dans la même journèe, nous croisons un 4x4 Defender équipé pour partir dans le désert. La première fois, ils nous doublent sur la route. La deuxième on s'arrête dans un village pour prendre de l'eau et perchés sur leur 4x4, voici les 2 allemands en maillots de bains (quel contraste avec les villageois sur-habillès et tout en noir) en train de ramasser des mûres sur des mûriers. Nous nous arrêtons également pour faire le plein d'énergie sous le regard des habitants du village. Nous repartons, ils nous redoublent!
La carte indique une réserve naturelle au bord de l'ocèan, nous choisissons cet endroit comme futur bivouac. Après avoir galèrè dans le sable (lire du sable à n'en plus finir), nous retombons sur le couple allemand qui est ce coup-ci nu et en train de faire sécher des algues sur une corde à linge tendue à l'arrière de leur 4x4. Nous aimerions nous baigner, mais laisser maya et nos affaires sur ce parking de la plage est impensable, tout comme les porter sur 400 mêtres pour atteindre l'océan. Après réflexions, nous allons demander à ce couple s'ils peuvent garder notre attirail le temps que l'on aille prendre un bon bain de mer. Nous leur laissons tout et partons nous baigner. Deux heures après, ils sont toujours là, nos affaires aussi, ils nous attendent, lui joue de la flute assis dans la voiture et elle pile les algues séchées. Merci chers voisins allemands pour votre quiétude et votre aide.

Les patisseries
Le Fado


Une envie de chaude nostalgie ? Grimpez donc dans les hauts quartiers de Lisbonne, les rues tortueuses et étroites de l'Alfama, pour y savourer quelques envolées de Fado. La tradition perdure pour le plaisir des locaux malgres l'aspect très touristique qui se dégage de cet endroit. Nous avions donc pour projet à Lisbonne de se fondre dans un de ces petits restos taverne, ou on y deguste des sardines grillées en écoutant des vieux portugais (en majorité) venant échanger un bon plat contre un air de Tango. Le spectacle était époustouflant ! Nous etions presque autant ahuris et amusés par les réactions passionnées de nos voisins de table (couple d'homosexuels Hollandais -dont un chanteur- fort agréables), que par la succession de chanteurs dont les mots, bien qu'en une langue incompréhensible, nous ont animé et fait rever pour le reste de la nuit. Tout leur corps est traversé par une vibration douloureuse alors que leur mélopée fait son effet.
Ce souvenir fait partie de ceux de la découverte d'un pays, où toute une tradition et un état d'esprit se déroulent, nouveaux, sous nos yeux. C'est bien sûr le bonheur pur du voyageur que d'avoir accès à de telles rencontres, au croisement d'un chemin. En effet, cet endroit a ouvert ses portes ànos pas par le simple fruit du hasard, bien que tout de même un peu nourrit aussi par l'esprit commercant de notre restaurateur, alors que nous nous étions perdus de joie dans le quartier, guidés par notre curiosite.

La bière est notre amie

Les Galères :


Les portes fermées sous la pluie
Après le début très chaud de notre voyage, le temps se refroidit et nous essuyons nos premières pluies après Coimbra. Vers 18 heures, étant un peu trempés et surtout contents d'avoir un prétexte pour sonner à la porte des gens, nous voici bien décidés à essayer de passer la nuit dans une petite maison en compagnie de portugais. Dans la région que nous traversons, les maisons sont assez grosses, souvent décorées avec des petits azulejos ou des peintures présentant des scènes religieuses mais ce qui nous surprend le plus c'est que tout semble fermé (les volets sont clos dans la plupart des cas) alors que les gens sont chez eux.
Alors que la pluie redouble d'intensité, nous décidons de demander l'autorisation de nous abriter avec l'espoir qu'ils prendront pitié et nous inviteront à passer la nuit chez eux! Mais ce ne sera pas le cas. Première maison, accueil glacial par un doberman, le chien se calme quand son maître arrive, on ne semble pas les bienvenus mais on a le droit à un bout d'hangar sous la surveillance du chien. 30 minutes plus tard, nous repartons vers d'autres maisons...plusieurs personnes refusent carrément de nous ouvrir. Enfin, on nous ouvre, une jeune femme nous fait clairement comprendre qu'elle veut bien nous renseigner mais pas nous héberger ; alors on demande un endroit où on peut dormir. C'est à partir de la que le mari, le père, la cousine, les enfants sortent pour essayer de trouver une solution à notre faux problème. Ils veulent nous emmener à l'hôtel de la ville la plus proche (30 km), mais il est hors de question de laisser maya tout seul et encore moins de dormir à l'hôtel. Ils nous offrent un café et nous repartons à la recherche d'un endroit pour planter la tente. Les statistiques de Xavier Vayron (site), comme quoi 1 européen sur 20 offrent l'hospitalité se sont avérées inexactes dans cette région ;ou alors, n'avions nous pas la bonne technique!


Le petit plateau qui devient ovale
Le pneu coupé
La sortie de Lisbonne
Le retour en bus
Le sable à n'en plus finir
Synthèse du voyage
Perspectives